Le fil conducteur

dr bates sur bleu

La méthode BATES

propose un réapprentissage de la vision naturelle par des activités intégrées dans notre vie courante

afin de mieux voir, de loin comme de près, au quotidien

 

Je pratique et étudie la méthode Bates, et en connais les bienfaits au quotidien. Professionnellement, j’ai été au contact des œuvres d’art depuis de longues années et pu apprécier leur pouvoir captivant, capable de nous faire tout oublier. Le lien entre ces deux domaines, le premier appartenant au bien-être, et le second à la culture, est vite devenu pour moi une évidence et je me fais une joie de partager avec vous cette activité.

Dans les années 1920, le Dr William H. Bates (1860-1931), ophtalmologue américain, mit au point une méthode simple de réapprentissage de la vision naturelle. Il eut une intuition géniale, celle de partir de l’observation d’yeux ne présentant aucun dysfonctionnement pour comprendre les problèmes de ses propres patients. Il fut ainsi en mesure de proposer à ces derniers une alternative aux lunettes dans l’absolu ou au moins un meilleur confort visuel et une amélioration progressive de leur vision. De ses observations, il dégagea quatre grands principes (VISION CENTRALE/VISION PERIPHERIQUE, LE MOUVEMENT, LA DETENTE, L’IMAGINATION) indispensables pour bien voir. Il s’est fondé, tout particulièrement pour établir le principe de la vision centrale, sur un détail physiologique de l’œil de la plus grande importance : seule la fovea centralis, minuscule partie de notre rétine (la partie photoréceptrice de l’œil), pas plus grosse qu’une tête d’épingle, nous permet de voir nettement. Située dans l’axe de notre pupille, au centre de la macula, la fovea centralis (elle-même centrée de l’infime foveola permettant une mise au point encore plus précise), est la partie de la rétine qui contient en grande densité exclusivement des cônes (cellules responsables de la perception des couleurs et des détails, et de la vision diurne), tandis que la surface plus périphérique de la rétine est occupée par des bâtonnets (responsables de la perception des formes, des mouvements, du noir et du blanc, et de la vision nocturne). La conséquence logique de cette observation est que nous devons bouger nos yeux et notre tête en même temps dans l’axe de ce que nous regardons pour le voir nettement, et en faire le tour, par des atterrissages du regard très rapides, tel un scan. Ainsi, notre cerveau en construit l’image d’ensemble précise, le reste restant dans la périphérie de notre champ visuel et étant seulement perçu.

 Notre vision centrale ne représentant que 5% de notre champ visuel et notre vision périphérique en représentant 95%, toutes les activités de la Méthode Bates ont pour objectif de restaurer l’équilibre et l’harmonie entre la vision centrale et la vision périphérique que nous avons perdus par de mauvaises habitudes (lunettes, mauvaise posture, stress mal géré…). Le retour à cet équilibre et à cette harmonie par notre propre mouvement (la mobilité de nos yeux et de notre corps) nous fait apparaître à nouveau l’environnement lui-même en mouvement. L’ajustement visuel variant en permanence, cela veut dire qu’une personne de vue parfaite – c’est à dire possédant une capacité visuelle de 10/10 ou plus – ne peut rarement la posséder plus qu’une fraction de seconde ; la bonne nouvelle est qu’inversement, les personnes de vue imparfaite peuvent avoir des moments, des « flashs », de vue parfaite. Le Dr Bates était convaincu de la réversibilité de tous les défauts de vision et les dernières recherches sur la plasticité du cerveau confirment ses observations. Selon lui, l’accommodation, l’ajustement nécessaire pour voir à différentes distances, est permise à l’œil par un changement de longueur de cet organe sous l’action des six muscles externes tenant le globe oculaire. Quand ce dernier souffre de tensions ou d’un simple effort pour vouloir voir, cela provoque les erreurs de réfraction les plus communes.  Il s’opposait en cela à ses collègues qui n’accordaient de l’importance qu’au cristallin concernant l’accommodation.

Le corollaire est que seuls des yeux et un esprit détendus et faisant preuve d’imagination et d’intérêt pour ce qui les entoure, permettent de bien voir. Les états de détente et d’intérêt augmentent réellement notre potentiel visuel.

En plus des quatre exercices de détente spécifiques d’origine (palming, sunning, petit et grand balancement)[1], les disciples du Dr Bates[2] ont, au fur et à mesure de l’évolution de notre société, inventé des activités favorables à la détente de nos yeux et intégrables facilement à notre vie quotidienne.

C’est une activité fidèle aux principes de la méthode Bates que je vous propose : un moment où grâce à des œuvres d’art, vous pourrez exercer vos yeux à se détendre ; vous allez vous les réapproprier, être vraiment présents à un organe, considéré comme l’un des plus précieux (ne disons-nous pas « tenir à quelque chose comme à la prunelle de ses yeux ») et pourtant si mal traité. Vous n’aurez pas le regard fixe ou vague, perdu dans vos pensées pour ne pas dire vos soucis, mais absorbés par ce que vous regarderez d’une nouvelle manière.

Si la méthode Bates est souvent qualifiée de « yoga des yeux », c’est avant tout en référence à cette présence totale à l’instant présent. Je vous invite à le faire avec des œuvres d’art : vos yeux vont butiner d’un centre d’intérêt à un autre, faire bouger toute la composition et ses détails, appréciant les nuances et l’intensité des couleurs, explorant et comparant les formes, de loin et de près, puis de près et de loin. C’est d’abord avec un regard d’enfant retrouvé que vous entrerez en contact avec les œuvres. En s’autorisant à des moments de contemplation du monde qui nous entoure, c’est ainsi que le flot des émotions a des chances d’apparaître.

[1] Pour plus d’explication cf : Association L’Art de Voir, https://www.artdevoir-asso.fr/

[2] Parmi lesquels, nous pouvons citer Aldous Huxley, auteur du roman le Meilleur des mondes.