Ma méthode

Ma méthode est de scruter d’abord l’œuvre dans le menu détail, pour ressentir ce qui est en résonance avec notre propre vécu et être disposé à voir au-delà. Cette approche permet à chacun de découvrir par soi-même l’essentiel de ce que l’œuvre peut susciter. La guidance initiale consiste en cette découverte littérale de l’œuvre, observée tout d’abord avec un regard d’enfant, avant d’être resituée dans son contexte culturel et historique et éclairée éventuellement par des détails pertinents sur l’artiste

Elle ne s’adresse pas ou peu à ceux qui font cette démarche naturellement mais plutôt à tous ceux qui hésitent à franchir les portes d’un musée pensant qu’ils vont s’y ennuyer.

Revenir à la perception avant de passer aux concepts : cette façon de voir est sous-tendue par une méthode que je suis en train d’étudier la méthode Bates, qui offre une rééducation naturelle de la fonction visuelle en changeant, entre autres choses, notre façon de porter notre regard sur notre environnement ; elle repose notamment sur certains principes dont la détente, le mouvement et l’importance de l’intérêt à tout ce que l’on regarde. Dans cette perspective, la découverte des œuvres devient alors un moment de détente mais aussi de contemplation, une méditation, une présence à l’instant. Cette méthode aide aussi à développer l’imagination et la mémorisation (nul besoin de s’encombrer de photos).

Lassée de voir le public des musées, armé d’audioguides, se ruer sur les œuvres seulement pour les photographier ainsi que leur cartel, l’idée s’est imposée de proposer plutôt une délectation des yeux, un dialogue, un partage, une vraie découverte. Les émotions priment l’analyse par le mental. Pour un retour à plus de contemplation comme elle était pratiquée par les amateurs du passé dans les cabinets d’art et de curiosités.

En tant que femme de terrain à l’œil averti, tout en restant à l’écoute des autres, j’espère transmettre avec enthousiasme et douceur une méthodologie pour combler un vide majeur. En effet, l’Éducation nationale  fait très peu de place à l’histoire de l’art ce qui est contradictoire dans un pays où le patrimoine est si riche ; mon souhait est de rendre mon auditoire de plus en plus indépendant et en même temps toujours plus gourmand pour cette façon de se cultiver dans la détente